Un cercueil "vivant" fabriqué à partir de champignons.

Aux Pays-Bas, le bio-designer et architecte Bob Hendrikx, fondateur de la société "Loop Biotech", a conçu un nouveau genre de cercueil appelé "Living Cocoon". Sa particularité : il est fabriqué à partir de champignons, plus précisément de mycélium. Une composition qui permet au défunt de se décomposer plus rapidement.


« L'objectif est de nourrir la terre avec notre corps. Nous sommes des nutriments, pas des déchets", explique Bob Hendricks.


© Marie Fontaine - www.greenisyou.com

Dans un cercueil traditionnel, le corps humain peut mettre plus d'une décennie à se décomposer, à cause du bois peint qui compose le coffre, du métal qui peut être présent, et même des vêtements synthétiques qui ralentissent généralement le processus.


Selon ses concepteurs, le "Living Cocoon" est en mesure d'accélérer fortement ce phénomène grâce au mycélium.

En effet le mycélium, l’ensemble de filaments qui composent la partie végétative des champignons, est omniprésent dans la nature.


Plan de coupe d'un champignon
Plan de coupe d'un champignon


Les scientifiques pensent de plus en plus qu'il fournit un "réseau" dans le sol qui profite mutuellement à environ 90 % des espèces végétales. C'est à travers ces vastes réseaux mycéliens que des organismes tels que les arbres communiquent et échangent des ressources.



De plus, le mycélium est également l'un des plus grands recycleurs sur terre, parfaitement capable de décomposer diverses substances et de purifier l'environnement. Il est particulièrement efficace contre les polluants tels que les métaux lourds, les teintures textiles, les produits pharmaceutiques, les pesticides et les herbicides. En d'autres termes, c'est une solution tout à fait naturelle pour décomposer en toute sécurité les restes humains sans polluer l'environnement.




Après de nombreux essais avec différentes espèces de champignons, l’équipe a finalement opté pour le mycélium de la pleurote grise, une variété commune comestible que l’on trouve dans le monde entier.



le "living cocoon" - credit : Loop Biotech
le "living cocoon" - credit : Loop Biotech

Pour concevoir ces cercueils d’un nouveau genre, le mycélium doit y être cultivé pendant sept jours, sans électricité ni lumière artificielle, durant lesquels il adopte la forme du coffre. Ce dernier est ensuite séché naturellement, ce qui interrompt la croissance des filaments et permet de renforcer sa structure.

Un lit de mousse est également inclus dans chaque cercueil, pour faciliter la décomposition.

Selon l'entreprise, chaque cercueil est capable de supporter un corps de plus de 200 kilos.


Une fois sous terre, le mycélium se réactive pour détruire complètement ce "cercueil vivant" en 30 à 45 jours, accélérant ainsi la décomposition du corps et éliminant les toxines et polluants.


En moyenne, un corps dans un cercueil traditionnel peut mettre jusqu'à 20 ans à se décomposer, alors que grâce à ce "Living Cocoon", le corps devrait se décomposer complètement en deux à trois ans.

Si le concept de cocons vivants est nouveau, d'autres inventions d'inhumation à base de mycélium ont déjà vu le jour. En mai 2019, la fille de l'acteur Luke Perry de la série Beverly Hills, a révélé que son père décédé à l’âge de 52 ans avait été enterré dans un "Infinity Burial Suit", un costume conçu également à base de mycélium par l’entreprise Coeio.