Filtrer les microplastiques présents dans les eaux usées grâce aux plantes.


© Marie Fontaine - www.greenisyou.com

Des chercheurs américains ont découvert que des plantes visqueuses comme le gombo peuvent éliminer les microplastiques de l’eau de manière aussi efficace que les produits chimiques habituellement utilisés. L’emploi de ces derniers pose un réel problème sur la santé.


Gombo
Gombo


Comme leur nom le suggère, les microplastiques sont des morceaux de 5 millimètres ou moins.

Ils proviennent de l'immense quantité de plastique produite depuis les années 1950, estimée à quelque 8 milliards de tonnes, dont seulement 10% a été recyclée.


Microplastique
Microplastiques

Le reste s’est répandu aux quatre coins du monde, sur tous les continents, dans les océans, dans l’air, dans les aliments et même à l'intérieur du corps humain, comme l’ont démontré de nombreuses études.

Les microplastiques sont généralement éliminés des eaux usées par un processus en deux étapes : ceux qui flottent à la surface sont retenus, puis des produits chimiques appelés floculants permettent d'agglutiner le reste pour former des agglomérats plus faciles à filtrer. Mais ces floculants, comme le polyacrylamide, peuvent se décomposer en d’autres substances toxiques.


Microplastique
Microplastiques


Des chercheurs de l'Université d'État Tarleton ont donc cherché à savoir si des plantes facilement accessibles comme le gombo, les aloès, les cactus, le fenugrec, le tamarin ou le psyllium pourraient remplacer ces floculants.


L’une d’entre elles, le gombo (ou okra), est un aliment de base très répandu en cuisine et utilisé comme épaississant dans de nombreuses recettes, notamment antillaises, de Louisiane ou d'Asie du Sud.


Dans un précédent rapport, Rajani Srinivasan, la professeure de chimie responsable de l'étude, avait déjà révélé que la texture visqueuse du gombo permettait d’éliminer les micropolluants textiles contenus dans l’eau et agissait également dans le traitement des micro-organismes nocifs.


Dans cette nouvelle étude, les chercheurs américains ont prouvé que les composants du gombo fonctionnaient aussi pour les microplastiques.

Les polysaccharides, des composés naturels issus du gombo et d’autres plantes, fonctionnent efficacement lorsqu'ils sont associés entre eux.


L'équipe s'est en effet rendu compte lors de ses expériences, que le duo gombo-tamarin était très efficace pour filtrer l'eau douce, tandis que l'association du gombo et du fenugrec était plutôt efficace dans l'eau de mer.

Gombo et Tamarin - Gombo et Fenugrec
Gombo et Tamarin - Gombo et Fenugrec


Cette solution naturelle fonctionne aussi bien dans de petits conteneurs d'eaux usées, que dans des grands volumes d'eaux comme les océans.


Cette découverte naturelle et saine est une grande avancée pour éliminer les micro plastiques de notre environnement et ainsi favoriser l’accès à de l’eau propre partout dans le monde.

Rajani Srinivasan et son équipe espèrent pouvoir commercialiser au plus vite ce procédé.