FabBRICK, des briques faites à partir de vieux vêtements.

Transformer les déchets textiles en matériaux de construction et de décoration : c’était son sujet de fin d’étude d’architecture. Elle en a fait son entreprise. Cette jeune française, Clarisse Merlet, fondatrice de FabBRICK, mise sur la conscience écologique comme valeur de développement.



© Marie Fontaine - www.greenisyou.com



« Les déchets représentant une ressource conséquente, notamment en France, il m’a semblé intéressant d’y puiser certains d’entre eux pour créer un nouveau matériau. […] Le coton étant un très bon isolant, j’ai donc pensé au textile, car il s’agit en plus d’une industrie très polluante, il était donc intéressant de trouver encore un moyen de le recycler. » déclare Clarisse Merlet, fondatrice de FabBRICK



Photo credit: FabBrick



Quelques chiffres :

  • A l’échelle mondiale, 395 milliards d’euros (USD 440 milliards), c’est la perte liée au gaspillage de vêtements toujours en état d’être portés.

  • En Europe, 4 millions de tonnes de déchets vestimentaires sont jetés chaque année.

  • En France, 624 000 tonnes de textiles sont mises sur le marché, soit environ 10 kilogrammes par habitant et par an, et moins d'un tiers des textiles sont collectés et triés.


En France, depuis le 1er janvier 2022, la loi AGEC « Economie Circulaire Anti-Gaspillage », qui vise à réduire les déchets, interdit la destruction des invendus et oblige les producteurs, importateurs et distributeurs à réutiliser ou recycler leurs produits.


Or, sur les 195 000 tonnes de vêtements et textiles collectés chaque année, 60 % des vêtements (principalement en coton) sont en bon état et peuvent être réutilisés. A l'heure où les constats d'épuisement des ressources naturelles sont clairs, FabBRICK propose de lutter contre le gaspillage textile en réutilisant les vêtements jetés pour créer un matériau de construction innovant.


FabBRICK s'est associée à l'entreprise de tri et de recyclage de textiles Gebetex pour recycler les vêtements trop abîmés pour être réutilisés. Après collecte, ils sont simplement broyés et mélangés à une colle écologique unique, dans le but de limiter au maximum le processus de transformation. Puis ils sont ensuite compressés dans des moules sur mesure pour ensuite devenir des briques.

La marque Jules a contacté la jeune entreprise pour réaliser les cloisons et le mobilier de leur nouveau magasin "0 DECHET".



Photo credit: FabBrick




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D'autres grandes marques de prêt-à-porter ont emboîté le pas, mais il existe d'autres entreprises plus surprenantes qui cherchent à recycler leurs uniformes.


Même l'industrie du luxe lui demande désormais de nouveaux produits, notamment du cuir recyclé.

La fondatrice de FabBRICK doit aujourd’hui refuser des commandes pour prendre le temps de réfléchir à son développement

La croissance comme seul objectif semble passée de mode pour la jeune cheffe d’entreprise qui attend sa nouvelle presse à brique automatisée avec impatience. Pour un investissement de 100 000 euros, elle a confié le projet à un bureau d’études l’année dernière et la nouvelle machine devrait arriver au printemps prochain.


Pour limiter les transports, la startup s'est installée dans un nouvel atelier du 19e arrondissement de Paris, en utilisant le fret ferroviaire, et envisage d'implanter à terme plusieurs ateliers de production en France et pourquoi pas à l'étranger où les besoins se multiplient.




FabBRICK vient de réaliser des tests concluants sur des briques fabriquées à partir de masques chirurgicaux.

Pour en savoir plus sur regardez cette vidéo :



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