Certains microbes dans l’estomac des vaches seraient capables de décomposer le plastique

Cette découverte pourrait redonner de l'espoir alors que la pollution plastique ne cesse de susciter une inquiétude grandissante à travers le monde.



© Marie Fontaine - www.greenisyou.com


Selon une étude dirigée par la docteure Doris Ribitsch de l’Université des ressources naturelles et des sciences de la vie de Vienne, les bactéries présentes dans l’estomac des bovins pourraient décomposer le plastique, rapporte The Guardian. Des résultats loin d’être anodins, quand on sait que plus de huit milliards de tonnes de plastique ont été accumulées depuis les années 1950 sur la planète, soit un poids équivalent à 1 milliard d'éléphants!


Le polyester naturel


Pour mener cette recherche, les scientifiques sont partis du constat que le polyester naturel, présent dans les épluchures de tomates ou de pommes, peut se dégrader grâce à certains microbes.


Le fait est que la nourriture des vaches est elle aussi composée de ces polyesters naturels. Par conséquent, les chercheurs ont émis l’hypothèse que l’estomac des bêtes contiendrait des bactéries capables de décomposer la matière végétale. Et il semblerait qu’ils aient vu juste.


Pour le vérifier, les experts ont récupéré du liquide de rumen – cette partie comparable à une cuve de fermentation dans l’estomac des ruminants – dans un abattoir situé en Autriche. À savoir que l'on peut récupérer d'une vache environ 100 litres de rumen.

« Vous pouvez imaginer l’énorme quantité de liquide de rumen qui s’accumule chaque jour dans les abattoirs – et ce n’est que du gaspillage », explique la docteure Doris Ribitsch.


Ce liquide a été incubé avec les trois types de polyesters - le PET (un polymère synthétique couramment utilisé dans les textiles et les emballages), le PBAT (plastique biodégradable souvent utilisé dans les sacs en plastique compostables) et le PEF (un matériau biosourcé à partir de ressources renouvelables).

Chaque plastique a été testé sous forme de film et de poudre.


Les résultats en laboratoire ont montré que les trois plastiques pouvaient être décomposés par les micro-organismes présents dans l'estomac des vaches, les poudres de plastique se décomposant plus rapidement que le film plastique.


(conclusions publiées dans la revue «Frontiers in Bioengineering and Biotechnology»)



Les prochaines étapes vont consister à identifier les microbes cruciaux pour la dégradation du plastique à partir des milliers présents dans le rumen, puis des enzymes qu'ils produisent. Une fois les enzymes identifiées, elles peuvent être produites et appliquées dans des usines de recyclage.


Pour l'instant, les déchets plastiques sont principalement brûlés.

Dans une moindre mesure, le plastique est fondu pour être utilisé dans d'autres produits, mais au bout d’un moment, il est endommagé et ne peut plus être utilisé à nouveau.


Une autre méthode est le recyclage chimique - transformer les déchets plastiques en produits chimiques de base - mais ce n'est pas un processus respectueux de l'environnement.


L'utilisation d'enzymes serait considérée comme une forme de recyclage chimique vert.